Dernière mise à jour le 9 septembre 2026
Vous avez déjà eu les cheveux pleins de boue ? Volontairement, je veux dire ? 🙂 Si oui, il y a de grandes chances que ce soit du rhassoul, cette argile marocaine que l’on trouve maintenant dans tous les magasins bio et dont les marques promettent un cuir chevelu « purifié dès la première utilisation ». J’en ai un sachet dans mon placard depuis quelques années, j’ai aussi acheté des shampoings qui en contiennent, et j’en suis restée à un usage… disons, très ponctuel !
Ce que j’aime dans le rhassoul, c’est la sensation sur le cuir chevelu : lavé, léger, sans « tiraillement ». Ce que j’aime beaucoup moins, c’est ce qui arrive quand on enchaîne les lavages : des cheveux qui finissent poisseux, une impression de « pas tout à fait propre » que je n’avais jamais eue avec un shampoing classique, et un rinçage qui demande VRAIMENT de prendre son temps.
Dans cet article, je vous raconte donc ce qu’est réellement cette « terre qui lave » (spoiler : ce n’est pas une argile verte marocaine, c’est un autre minéral), ma façon de préparer la pâte, avec du miel, de l’huile végétale et parfois une goutte d’huile essentielle, le rinçage qui change tout, ce que j’en pense selon votre type de cheveux, et ce que la science sait, ou plutôt ne sait pas, de son effet sur une chevelure… sans promesse miracle, promis !
Petite transparence avant de commencer : certains liens de cet article sont affiliés (Aroma-Zone, Comme Avant). Si vous passez par eux, je touche une commission, sans que ça change quoi que ce soit au prix que vous payez. Je ne cite ici que le rhassoul que j’ai réellement dans mon placard et le shampoing que j’ai réellement utilisé !
Le rhassoul pour les cheveux, en bref
Le rhassoul est une argile marocaine à base de stévensite, utilisée comme shampoing au Maghreb depuis très longtemps. On le mélange à de l’eau chaude jusqu’à obtenir une pâte, on l’applique sur cheveux mouillés, on laisse poser dix à vingt minutes et on rince longuement. Il lave très bien un cuir chevelu gras, sans dessécher, mais deux pièges attendent les débutant·es : un rinçage bien plus long qu’un shampoing, et des cheveux poisseux si on l’utilise plusieurs fois d’affilée. Aucune étude clinique n’a jamais mesuré son effet sur les cheveux, il s’agit donc de résultats empiriques !
Ce que vous allez trouver ici
- Le rhassoul, c’est quoi au juste
- Ce que le rhassoul fait vraiment sur les cheveux (et ce qu’on ne sait pas)
- Ma pâte de rhassoul au miel : la recette
- Le rinçage, la seule étape qui compte vraiment
- Pourquoi je n’en fais que deux fois par an
- Cheveux gras, secs, bouclés, colorés : pour qui ?
- Shampoing au rhassoul : la poudre ou un produit du commerce ?
- Et sur le visage ?
- Ce qu’il y a dans un sachet de rhassoul
- Questions fréquentes
Le rhassoul, c’est quoi au juste

Le rhassoul se vend aussi en morceaux à casser et à faire tremper, souvent moins cher en épicerie orientale. Je ne l’ai jamais testé sous cette forme, je vous dis tout dans l’article !
Commençons par tordre le cou à une idée : non, le rhassoul n’est pas « l’argile verte du Maroc ». C’est un minéral différent ! Là où nos argiles vertes françaises sont surtout faites d’illite et de montmorillonite (j’ai détaillé tout ça dans mon guide complet sur l’argile verte), le rhassoul est composé majoritairement de stévensite, une smectite magnésienne, accompagnée de calcite, de dolomite et de quartz. Ce n’est pas moi qui le dis ! C’est une caractérisation en bonne et due forme par diffraction des rayons X et compagnie, publiée par une équipe marocaine (Moussout et coll., Heliyon, 2020).
Son nom, lui, dit tout de son usage : rhassoul, ou ghassoul selon la transcription, vient du verbe arabe ghassala, laver. C’est littéralement une « terre qui lave », et Mouloud Benammi, ingénieur de recherche au CNRS, rappelle dans la revue Microscoop (page 4) qu’il est « utilisé comme savon et shampoing naturels par les habitants locaux » depuis les temps anciens, avant d’être exporté dans le monde entier. Le gisement se trouve au Jbel Rhassoul, dans la vallée de la Moulouya, au Moyen Atlas marocain : un ancien lac, dont les sédiments se sont transformés en cette argile un peu particulière au fil des millions d’années.
Un détail qui m’a beaucoup plu en lisant l’étude de 2020 : le rhassoul est nettement alcalin en suspension dans l’eau (les auteurs mesurent un point de charge nulle autour de pH 10,7). Autrement dit, ce n’est pas un hasard s’il a été adopté comme produit lavant : il se comporte, très grossièrement, un peu comme un savon, en captant les corps gras. Et ça explique aussi, on va y revenir, pourquoi le rinçage est une affaire sérieuse.
Côté placard, j’achète le mien en poudre chez Aroma-Zone, en sachet de 500 g (6,50 € au 8 septembre 2026, ce qui fait une quantité astronomique de lavages pour quelqu’un comme moi qui l’utilise deux fois par an) : le rhassoul du Maroc d’Aroma-Zone. Vous le trouverez aussi en plaquettes ou en morceaux à casser dans les épiceries orientales, souvent moins cher… Je n’ai pas testé cette forme, je ne peux donc rien vous en dire, mais si vous l’avez fait n’hésitez pas à en témoigner en commentaire !
Ce que le rhassoul fait vraiment sur les cheveux (et ce qu’on ne sait pas)
Voilà le paragraphe que vous ne lirez sur aucune fiche produit… il n’existe aucune étude clinique sur le rhassoul en soin capillaire. Aucune ! J’ai cherché, comme je l’avais fait pour mon article sur le masque à l’argile verte pour les cheveux, et le constat est le même : ce qu’on trouve, ce sont des mesures physico-chimiques du minéral (sa capacité d’adsorption, sa charge de surface, son comportement dans l’eau), et une littérature cosmétique qui explique pourquoi les argiles sont intéressantes dans une formule (Viseras et coll., Clays and Clay Minerals, 2021). Personne n’a jamais mis cent personnes sous la douche avec du rhassoul pour mesurer l’état de leur cuir chevelu trois mois plus tard.
Alors que peut-on dire honnêtement ? Que le rhassoul est une argile à forte capacité d’échange et d’adsorption, c’est-à-dire qu’elle capte très bien ce qui est à sa surface, sébum et saletés compris. Ça, c’est de la physique, et c’est exactement ce qu’on lui demande dans un shampoing. Mais « régule le sébum », « fortifie la fibre », « fait pousser » ou « apaise » ? Ce sont des promesses de vendeurs, y compris sur les fiches des marques chez qui j’achète, et rien ne les démontre « scientifiquement ». Est-ce que ça veut dire que ça ne fonctionne pas ? Pas du tout ! Simplement qu’on n’a pas encore mené d’études sur ce point précis ! Et de manière générale, on peut considérer qu’un usage traditionnel et empirique vaut, à mes yeux, une bonne raison d’essayer 🙂
Ma pâte de rhassoul au miel : la recette

Une fois mélangé à l’eau chaude et au miel, le rhassoul devient cette pâte brune et lisse, à peu près la consistance d’une crème épaisse.
Je vous préviens tout de suite : je fais ça à l’œil, dans un bol, avec ce que j’ai sous la main. Mais voici exactement comment je m’y prends, et ensuite les proportions du fabricant pour celles et ceux qui préfèrent une cuillère doseuse.
Les ingrédients de ma version
De l’eau chaude (mais pas trop) : de l’eau chaude du robinet que je verse sur la poudre, pour arriver à la texture idéale pour être étalée sur le cuir chevelu. Pas trop pâteux, pas trop liquide : c’est à l’œil ! Le temps de mélanger et d’arriver sous la douche, elle est tiède. Pas d’hydrolat pour moi : je sais que beaucoup de recettes en mettent, mais à plusieurs euros la bouteille, je trouve que c’est du gaspillage pour un mélange qui finit dans le siphon au bout de vingt minutes… L’eau du robinet fait très bien l’affaire !
Une cuillère à café de miel : c’est mon petit plus, pour les cheveux comme pour le visage ! Le miel rend la pâte plus souple et plus agréable à étaler, et il ne coûte virtuellement rien puisqu’il y en a toujours dans le placard. Une cuillère à café, pas plus, sinon ça devient collant. Le miel est hyper hydratant, aide à purifier la peau (y compris le cuir chevelu) et se rince très bien. Pas pour rien qu’on en trouve dans plein de formules de masques et shampooings du commerce !
Parfois, un peu d’huile d’argan : quand je sens que mes longueurs sont sèches, j’ajoute un filet d’huile d’argan dans la pâte. Ça adoucit nettement le côté « argile » sur la fibre. Si vous n’avez pas d’argan, n’importe quelle huile végétale un peu riche de votre placard fera l’affaire (j’ai écrit un guide des huiles végétales si vous voulez choisir la vôtre).
Parfois aussi, une goutte d’huile essentielle de bay Saint-Thomas… une seule goutte, hein ! C’est l’huile essentielle de Pimenta racemosa, une myrtacée des Antilles, et elle a deux qualités à mes yeux : on la retrouve dans énormément de recettes capillaires maison, et elle sent délicieusement bon, une odeur chaude et épicée qui rappelle le clou de girofle. Je prends celle d’Aroma-Zone (7,95 € les 5 ml au 8 septembre 2026, et un flacon dure des années à ce rythme). Attention tout de même : elle ne s’applique jamais pure, toujours diluée dans un support (ici ce sera notre rhassoul) et comme pour toute huile essentielle, on s’en passe pendant la grossesse, l’allaitement et chez les enfants. Si vous n’êtes pas à l’aise avec les huiles essentielles, oubliez-la, la recette marche très bien sans !
Les proportions, pour celles et ceux qui aiment doser
Sur la fiche technique du rhassoul, Aroma-Zone propose une recette de « shampoing pour cheveux gras » qui ressemble justement pas mal à la mienne : une cuillère à soupe de rhassoul, deux à trois cuillères à café de liquide (ils mettent de l’hydrolat de fleur d’oranger, moi de l’eau), une cuillère à café de miel liquide et une demi-cuillère à café d’huile d’argan. On applique en massant le cuir chevelu, on laisse poser dix à vingt minutes, et on rince abondamment. Ce sont leurs chiffres, pas les miens, mais ils collent bien à ce que je fais d’instinct !
L’objectif : une pâte qui se tient sans couler, à peu près la consistance d’une crème épaisse. Trop liquide ? Elle dégouline dans la nuque ! Trop épaisse ? Elle s’étale mal et sèche trop vite. Ajustez avec une cuillère d’eau ou une pincée de poudre, ce n’est pas une science exacte 🙂
L’application

Le geste : sur cheveux mouillés, on masse la pâte sur le cuir chevelu avant d’étirer le reste sur les longueurs. Et oui, ça coule dans le cou, d’où la serviette !
Cheveux mouillés, dans la douche, la pâte s’applique en massant le cuir chevelu, puis en étirant ce qui reste sur les longueurs. Pour les cheveux longs, je vous conseille de garder la porte de la douche fermée et une vieille serviette à portée de main : le rhassoul est très salissant, ça éclabousse, ça fait des traces sur le carrelage, et la serviette de sortie de douche ne ressort pas blanche… c’est le prix à payer !
Je laisse poser une vingtaine de minutes, sans laisser sécher complètement… une argile qui sèche sur la tête devient une croûte, et c’est là que le rinçage devient un enfer. Ça tire ? C’est le moment de rincer, même si les vingt minutes ne sont pas écoulées !
Le rinçage, la seule étape qui compte vraiment
Si vous ne deviez lire qu’une section de cet article, c’est celle-ci !
Le problème est simple à décrire : on est en train de rincer de la boue. Une boue fine, qui se glisse entre les cheveux et s’accroche au cuir chevelu, et qui, si elle reste, laisse deux souvenirs. Le premier, ce sont des résidus, une sensation étrange de petits grains sur le cuir chevelu après le shampoing. Rassurez-vous : ça ne se voit absolument pas, et ça part au shampoing suivant. C’est exactement comme quand on revient de la plage, qu’on s’est lavé les cheveux et qu’il reste quand même trois grains de sable sur le cuir chevelu, et qu’on les sent en passant les mains dans les cheveux… Pas pire que ça ! Le second, c’est le fameux cheveu poisseux, et lui, il arrive quand le rinçage a été bâclé sur les longueurs, ou quand on enchaîne les lavages au rhassoul sans laisser respirer la chevelure entre deux.
Voici ma méthode, celle qui a réglé le problème chez moi :
D’abord, beaucoup d’eau, en massant le cuir chevelu. Tête sous le jet, vous massez du bout des doigts, partout, comme pour un shampoing normal, mais deux fois plus longtemps. Le but est de décoller la pâte de la peau, pas seulement de la faire glisser.
Ensuite, on insiste sur les longueurs : c’est l’étape que l’on oublie, et c’est elle qui décide du côté poisseux. On passe les longueurs sous l’eau en les pressant dans les mains, mèche par mèche, jusqu’à ce que l’eau qui coule soit claire… vraiment claire, pas « à peu près » !
Enfin, on finit au massage, avec les mains et avec une brosse : le geste qui a tout changé pour moi, c’est une petite brosse massante en silicone pour cuir chevelu (4,95 € chez Aroma-Zone au 8 septembre 2026, il en existe des dizaines d’équivalents ailleurs). Sous l’eau, elle déloge ce que les doigts laissent passer, et c’est elle qui limite les grains du lendemain. Je termine toujours par un dernier passage au massage, mains puis brosse, sous un jet bien abondant.
Deux choses pratiques pour finir ! Il vous faut vos deux mains libres : ce n’est pas un rinçage qu’on fait à la va-vite en tenant le pommeau d’une main, donc si votre douche a un pommeau baladeur, accrochez-le. Et prévoyez le temps : comptez large, cinq bonnes minutes de rinçage quand un shampoing en demande une. Aroma-Zone conseille, sur sa fiche, de terminer par un rinçage à l’eau vinaigrée pour compenser l’alcalinité de l’argile ; je vous le transmets pour ce qu’il vaut, c’est une pratique classique avec les argiles lavantes.
Pourquoi je n’en fais que deux fois par an
Est-ce que le rhassoul peut remplacer le shampoing ? Ma réponse honnête : chez moi, non, et pas parce que ça marche mal… mais parce que ça marche trop bien, d’une certaine manière !
La première raison, c’est le fameux effet poisseux. Les deux ou trois premières fois, le résultat est superbe : cuir chevelu léger, cheveux propres, aucune sensation de tiraillement, ce que j’avais franchement redouté avec une argile. Puis, en enchaînant les lavages, mes cheveux ont commencé à devenir poisseux, comme s’ils n’étaient plus vraiment propres alors que je venais de les laver. Et visiblement je ne suis pas la seule, le même constat revient dans pas mal de témoignages en ligne. Je ne connais pas l’explication (aucune étude ne s’est penchée dessus, on l’a vu), mais chez moi la solution est claire : le rhassoul est un soin ponctuel, pas mon shampoing du quotidien.
La seconde raison est plus personnelle : je me teins les cheveux. Avec des colorations végétales, mais une coloration, même végétale, c’est déjà une pose longue et un cuir chevelu bien décapé à l’arrivée. Ajouter par-dessus un lavage au rhassoul, qui est lui aussi un geste assez radical, ça fait beaucoup. Alors je le garde pour les moments où je sens que mon cuir chevelu a besoin d’un vrai coup de propre, un « reset » entre deux périodes, à peu près deux fois dans l’année. Si je ne me teignais pas les cheveux, j’en ferais sûrement plus souvent, mais jamais en routine, à cause du premier point.
Ce rythme n’a rien d’une règle absolue : c’est le mien, il découle de mes cheveux et de mes habitudes, et le vôtre sera différent. Ce que je retiens, c’est plutôt le principe : le rhassoul se marie mieux avec l’occasionnel qu’avec la routine.
Cheveux gras, secs, bouclés, colorés : pour qui ?
Quand je regarde ce que les gens tapent dans leur moteur de recherche autour du rhassoul et des cheveux, quatre mots reviennent sans arrêt : gras, sec, bouclés, colorés. Voici ce que j’en pense, en séparant bien ce que j’ai vécu de ce que je déduis.
Cheveux et cuir chevelu gras : c’est LE cas d’usage, celui pour lequel le rhassoul a été utilisé pendant des siècles, et celui qui correspond à mon expérience : l’argile capte le sébum de surface, et le résultat se voit dès la sortie de la douche. Si vous avez le cuir chevelu qui regraisse vite, c’est le produit à essayer en premier. Gardez juste l’idée de l’occasionnel : un lavage au rhassoul de temps en temps, pas tous les deux jours.
Cheveux secs : là, je serais plus prudente… Le rhassoul lave en captant le gras, or un cheveu sec n’a déjà pas beaucoup de gras à donner. Ce n’est pas que ça abîme, c’est que ça risque de rêcher les longueurs. Si vous voulez quand même essayer, c’est le cas typique où l’huile d’argan (ou une autre huile) dans la pâte prend tout son sens, et où l’on applique surtout sur le cuir chevelu, en laissant les longueurs tranquilles. Un masque huileux sur les pointes après le rinçage du rhassoul n’est pas du luxe (mon guide du macérât huileux maison peut vous donner des idées).
Cheveux bouclés et frisés : le rhassoul est très apprécié dans les routines « low-poo » et « no-poo » des cheveux texturés, parce qu’il lave sans tensioactif et sans mousse. Je n’ai pas les cheveux bouclés, juste texturés, je ne peux donc pas vous parler d’expérience, et il n’existe aucune étude non plus. La seule chose que je vous dirais, c’est que tout ce que j’ai écrit sur le rinçage compte double sur une chevelure dense : la pâte s’y loge encore mieux (et c’est mon cas, j’ai une énorme crinière!).
Cheveux colorés : c’est la question que je me pose moi-même, puisque je me teins les cheveux ! Il n’existe aucune donnée sur l’effet du rhassoul sur une coloration, végétale ou chimique. Ce que je fais, par prudence, c’est de l’espacer de mes colorations, comme expliqué plus haut. Si vous avez une coloration chimique récente, le bon sens dit de tester sur une mèche, ou d’attendre quelques lavages. Et si vous avez une expérience là-dessus, les commentaires sont à vous, ça m’intéresse vraiment !
Shampoing au rhassoul : la poudre ou un produit du commerce ?
On parle de « shampoing au rhassoul » pour deux choses assez différentes, et ça vaut la peine de les séparer.
La première, c’est ce que je viens de décrire : la poudre mélangée à de l’eau, qui sert elle-même de shampoing. Zéro tensioactif, zéro mousse, zéro parfum, un ingrédient et de l’eau. C’est la version la plus économique (quelques centimes le lavage), la plus « brute », et celle qui demande le plus de technique au rinçage.
La seconde, ce sont les shampoings du commerce qui contiennent du rhassoul, liquides ou solides. Là, l’argile n’est qu’un ingrédient parmi d’autres, dans une base lavante classique, et elle joue un rôle d’appoint : absorber un peu de sébum, donner du corps. L’avantage, c’est qu’on retrouve un shampoing normal, qui mousse (un peu) et qui se rince en une minute ! L’inconvénient ? On perd l’effet « reset » de la pâte pure.
Pour repérer le rhassoul dans une liste d’ingrédients, cherchez la mention Moroccan Lava Clay, c’est son nom INCI. Et regardez à quelle place il arrive : en fin de liste, il y en a peu, ce qui n’est pas forcément un défaut, simplement un ordre de grandeur.
Celui que j’ai utilisé et que j’aime beaucoup est le shampoing solide pour cheveux gras à l’huile de sésame de Comme Avant, qui contient du rhassoul dans une base très courte (six ingrédients en tout, dont l’argile en dernière position, sans huile essentielle ni parfum), pour 11,90 € les 70 g au 8 septembre 2026. Je connais la marque depuis des années et je n’ai jamais été déçue par un seul de leurs produits, celui-là compris : il est très bien, et il n’a aucun des inconvénients de la pâte. Si vous voulez l’essayer, mon code promo Comme Avant vous fait 10 % de réduction. À mes yeux, c’est le bon compromis pour celles et ceux qui veulent le rhassoul « au quotidien » sans passer dix minutes sous la douche.

Le rhassoul en poudre, tel qu’il sort du sachet de 500 g : c’est la forme que j’utilise, et un sachet dure des années à mon rythme !
Et sur le visage ?
Je l’utilise aussi en masque visage, avec la même pâte, miel compris (mais sans argan, en revanche je mets un sérum huileux après) ! C’est un masque qui dégraisse, donc plutôt pour une peau mixte à grasse ou une zone T qui brille, avec la même règle qu’ailleurs : on ne laisse pas sécher, on retire dès que ça tire un peu, et on rince à l’eau tiède. Sur une peau sèche ou réactive, je vous orienterais plutôt vers une argile plus douce, blanche ou rose, dont je parle dans mon guide sur l’argile. Là encore, aucune étude clinique sur le rhassoul en particulier, mais un essai sur un masque à l’argile en général existe pour les peaux grasses (Zhang et coll., Skin Research and Technology, 2023), et ce qu’il montre est modeste : une réduction du sébum de surface, rien de plus… ce qui est déjà très bien pour une poudre à quelques centimes !
Ce qu’il y a dans un sachet de rhassoul
Une argile est une roche broyée, et une roche contient des métaux (eh oui). Une équipe polonaise a dosé le mercure dans une centaine d’argiles cosmétiques du commerce (Fischer et coll., Toxics, 2025) : les rhassouls testés ressortent en moyenne à 38,66 µg/kg, ce qui est plus bas que les argiles vertes et blanches de la même étude. Ce sont des traces, sur un produit qu’on rince, pas un motif d’inquiétude pour un masque de temps en temps. Deux règles de bon sens tout de même : on n’avale pas son rhassoul (ça peut paraître évident, mais l’argile « à boire » est un sujet à part, et il n’est pas simple, j’y consacre une longue section dans mon guide sur l’argile verte), et on achète une argile vendue pour l’usage cosmétique, avec une origine indiquée sur l’emballage.
Dernier détail que je vous dois : la question de l’extraction. On lit partout que le gisement du Jbel Rhassoul est « unique au monde ». Je n’ai trouvé aucune source qui le démontre, et je n’ai rien de fiable non plus sur les conditions d’extraction. Je vous le signale parce que c’est le genre de phrase qui se recopie de site en site sans jamais être vérifiée…
Questions fréquentes
Est-ce que le rhassoul est bon pour les cheveux ?
Il lave bien, surtout un cuir chevelu gras, sans tensioactif et sans dessécher, et c’est ce qu’on lui demande. En revanche, aucune étude clinique n’a jamais mesuré un effet du rhassoul sur la santé du cheveu, sa pousse ou sa solidité : les promesses de ce type sont des promesses de vendeurs. Utilisé de temps en temps et bien rincé, c’est un très bon produit lavant. Utilisé trop souvent, il peut laisser les cheveux poisseux.
Comment utiliser le rhassoul pour laver ses cheveux ?
Mélangez la poudre avec de l’eau chaude jusqu’à obtenir une pâte de la consistance d’une crème épaisse, appliquez sur cheveux mouillés en massant le cuir chevelu puis sur les longueurs, laissez poser dix à vingt minutes sans laisser sécher, et rincez très longuement à l’eau tiède : d’abord le cuir chevelu en massant, puis les longueurs jusqu’à ce que l’eau soit claire, puis un dernier massage avec les doigts ou une brosse en silicone.
Comment faire un masque au rhassoul pour les cheveux ?
Une cuillère à soupe de rhassoul, deux à trois cuillères à café d’eau ou d’hydrolat, une cuillère à café de miel liquide et une demi-cuillère à café d’huile d’argan, ce sont les proportions données par le fabricant. Mélangez jusqu’à obtenir une pâte lisse, appliquez sur cheveux mouillés, laissez poser dix à vingt minutes et rincez abondamment.
Combien de temps laisser poser le rhassoul sur les cheveux ?
Dix à vingt minutes selon la fiche du fabricant, et dans tous les cas avant que la pâte ne sèche complètement. Une argile qui a séché sur la tête forme une croûte beaucoup plus difficile à rincer. Dès que ça tire, on rince.
Rhassoul ou argile verte pour les cheveux ?
Le rhassoul, si l’objectif est de laver : c’est une argile magnésienne (de la stévensite) utilisée comme shampoing au Maghreb depuis très longtemps, et son nom vient du verbe arabe ghassala, laver. L’argile verte, à base d’illite et de montmorillonite, est plutôt utilisée en masque absorbant sur le cuir chevelu gras, avec un temps de pose. Les deux demandent un rinçage long.
Peut-on utiliser le rhassoul sur des cheveux colorés ?
Il n’existe aucune donnée sur l’effet du rhassoul sur une coloration, végétale ou chimique. Par prudence, espacez-le de vos colorations et testez sur une mèche si votre coloration est récente. Je me teins les cheveux avec des colorations végétales et je réserve le rhassoul à deux lavages par an, à distance de mes colorations.
À quelle fréquence utiliser le rhassoul sur les cheveux ?
Occasionnellement plutôt qu’en routine. Utilisé plusieurs fois d’affilée, le rhassoul peut laisser les cheveux poisseux. Pour ma part, je l’utilise deux fois par an, quand je sens que mon cuir chevelu a besoin d’un vrai lavage en profondeur, et dans tous les cas j’espace les lavages au rhassoul plutôt que de les enchaîner.
Sources
- Moussout H. et coll., Interfacial electrochemical properties of natural Moroccan Ghassoul (stevensite) clay in aqueous suspension, Heliyon, 2020, 6(3), e03634, DOI 10.1016/j.heliyon.2020.e03634.
- Benammi M., Le rhassoul, une argile unique au monde, Microscoop n° 84, CNRS, juillet 2021, p. 4-5, présentation sur Échosciences Nouvelle-Aquitaine.
- Viseras C. et coll., Clays in cosmetics and personal-care products, Clays and Clay Minerals, 2021, 69(5), 561-575, DOI 10.1007/s42860-021-00154-5.
- Zhang X. et coll., Comprehensive assessment of the efficacy and safety of a clay mask in oily and acne skin, Skin Research and Technology, 2023, 29(11), e13513, DOI 10.1111/srt.13513.
- Fischer A. et coll., Analysis of Mercury Concentration in Cosmetic Clays, Toxics, 2025, 13(6), 507, DOI 10.3390/toxics13060507.
- Fiches techniques du rhassoul du Maroc, de l’huile essentielle de bay Saint-Thomas et de la brosse massante cuir chevelu, Aroma-Zone, consultées le 8 septembre 2026 (prix, mode d’emploi et précautions relevés à cette date).
- Fiche du shampoing solide cheveux gras à l’huile de sésame, Comme Avant, consultée le 8 septembre 2026 (prix et liste d’ingrédients relevés à cette date).
Pour finir
Si vous ne deviez retenir que trois choses : le rhassoul est une terre qui lave, pas un soin miracle ; tout se joue au rinçage, longueurs comprises ; et c’est un produit qui aime l’occasionnel. Avec ça, vous éviterez les deux déceptions classiques, les grains du lendemain et les cheveux poisseux, et vous garderez ce qu’il a de meilleur, cette sensation de cuir chevelu vraiment propre qui m’a fait garder mon sachet toutes ces années.
Et maintenant, à vous ! Vous utilisez le rhassoul en shampoing, en masque, ou vous l’avez abandonné après trois essais ? Vous avez trouvé une astuce de rinçage que je ne connais pas ? Et surtout, si vous l’utilisez sur des cheveux colorés ou bouclés, racontez-moi : ce sont les deux cas où je n’ai que des questions et pas de réponses. Rendez-vous dans les commentaires !