Dernière mise à jour le 19 septembre 2026
Pendant des années, j’ai détesté la chicorée ! Ce goût de caramel un peu écœurant des chicorées de supermarché, cette impression de boire un dessert tiède… très peu pour moi. Et puis j’en ai goûté une bonne (dans un bar de TGV, je vous raconte ça plus bas), et voilà un an que j’en bois régulièrement, et même TRÈS régulièrement depuis un mois : le matin, après le déjeuner, parfois l’après-midi entre deux tisanes.
Forcément, à force d’en boire, j’ai voulu savoir ce qu’il y avait de vrai dans ce que promettent les paquets : fibres « prébiotiques », digestion légère, microbiote chouchouté… Alors j’ai fait ce que je fais toujours, je suis allée lire les textes ! La monographie de l’Agence européenne des médicaments sur la racine de chicorée, le règlement européen qui autorise la seule allégation de santé existante sur l’inuline de chicorée, la table de composition des aliments de l’ANSES, et même le règlement sur l’acrylamide (oui, il contient un chapitre entier sur la chicorée).
Résultat : les bienfaits reconnus de la chicorée existent bel et bien, mais ils ne portent pas tout à fait sur ce que vous avez dans votre tasse… Je vous explique tout ça, avec les méfaits et les précautions à connaître, ce que j’en pense après un an, et la façon dont je la bois (spoiler : pas toujours sans caféine !).
Petite transparence avant de commencer : certains liens de cet article sont affiliés (Cherico, French Mush). Si vous passez par eux, je touche une commission, et avec mes codes vous payez moins cher, pas plus. Je ne cite ici que des chicorées que j’ai réellement bues, et je vous dis aussi celles que je n’aime pas !
Les bienfaits de la chicorée, en bref
La chicorée que l’on boit est la racine torréfiée de Cichorium intybus, et elle ne contient pas de caféine quand elle est pure. Deux textes officiels lui reconnaissent quelque chose : l’Agence européenne des médicaments admet l’usage traditionnel de la tisane de racine pour les petits inconforts digestifs et la perte d’appétit passagère, et le règlement (UE) 2015/2314 autorise une allégation sur l’inuline de chicorée et la fonction intestinale, à partir de 12 g d’inuline par jour. Or une tasse de chicorée soluble apporte environ 1 g de fibres : il en faudrait dix à seize par jour pour atteindre ce seuil ! Côté précautions : l’allergie aux plantes de la famille des Astéracées, la prudence de l’EMA pendant la grossesse, l’allaitement et avant 12 ans pour la tisane médicinale, et la caféine des mélanges au café ou au guarana.
Ce que vous allez trouver ici
- La chicorée, c’est quoi au juste ?
- Quels sont les bienfaits de la chicorée ? Ce qui est reconnu, et pour quoi exactement
- Chicorée soluble, en grains, moulue, en capsules : laquelle choisir ?
- Chicorée : méfaits, contre-indications et précautions
- Comment je bois ma chicorée (et lesquelles j’achète)
- Et la chicorée sauvage, celle des bords de chemin ?
- Questions fréquentes
- Sources
La chicorée, c’est quoi au juste ?
Avant d’être une poudre brune dans un pot, la chicorée est une plante : Cichorium intybus, de la famille des Astéracées (celle du pissenlit, de la pâquerette et de la camomille). Vous l’avez forcément déjà croisée sans le savoir, c’est cette grande tige un peu raide, au bord des chemins et dans les friches, qui porte en été des fleurs d’un bleu à tomber par terre !
Et c’est une plante pleine de surprises, parce que la même espèce nous donne des choses qui ne se ressemblent pas du tout… L’endive, par exemple, c’est elle : une racine de chicorée que l’on fait repousser dans le noir, d’où ses feuilles blanches et serrées. La barbe de capucin, la chicorée rouge (le radicchio des Italiens) et la chicorée pain de sucre, c’est encore elle. La frisée et la scarole, en revanche, appartiennent à l’espèce cousine, Cichorium endivia. Voilà pourquoi tant de gens se demandent si la racine de chicorée et l’endive ont un rapport : oui, c’est la même espèce, mais pas les mêmes variétés ni la même façon de les cultiver.
Celle que l’on boit vient de variétés sélectionnées pour leur grosse racine charnue. La racine est découpée et séchée en petits morceaux (les cossettes), puis torréfiée, et c’est cette torréfaction qui lui donne sa couleur, son amertume et ses notes de caramel et de noisette. Ensuite, soit on la concasse pour obtenir de la chicorée en grains ou moulue, soit on en extrait les composés solubles à l’eau chaude, avant de sécher cet extrait pour obtenir la chicorée soluble, celle qui se dissout dans la tasse. De toutes les boissons dont je parle dans mon article sur les alternatives au café, c’est de très loin celle qui s’en rapproche le plus !

La fleur de chicorée est magnifique, j’adore la rencontrer en balade !
Quels sont les bienfaits de la chicorée ? Ce qui est reconnu, et pour quoi exactement
Si vous tapez « chicorée bienfaits » dans un moteur de recherche, vous allez tomber sur des listes de dix, douze, quinze vertus, rarement sourcées… Je préfère vous donner ce qui est écrit noir sur blanc dans des textes officiels, et il y en a deux. Seulement deux ! Mais ils sont précis, et c’est déjà beaucoup pour une plante.
La tisane de racine : un usage traditionnel reconnu par l’EMA
L’Agence européenne des médicaments (l’EMA) a publié en 2013 une monographie sur la racine de chicorée. Selon ce texte, la racine séchée et fragmentée, préparée en tisane, peut être utilisée comme médicament traditionnel à base de plantes pour soulager les symptômes de troubles digestifs légers (sensation de ventre plein, flatulences, digestion lente) et la perte d’appétit temporaire. La préparation décrite : 2 à 4 g de racine dans 250 ml d’eau, en infusion ou en décoction, une fois par jour, pour les adultes et les adolescent·es à partir de 12 ans, avec la consigne de consulter si les symptômes durent plus de deux semaines.
Deux précisions honnêtes, parce qu’elles changent tout. D’abord, l’EMA écrit elle-même que cet usage repose sur l’ancienneté de la tradition, et pas sur des essais cliniques : dans son résumé destiné au grand public, elle juge les preuves cliniques insuffisantes et l’efficacité simplement « plausible », en s’appuyant sur les substances amères de la racine et sur une étude de laboratoire. Ensuite, et surtout, ce texte parle d’une tisane de racine SÉCHÉE… pas de la chicorée torréfiée du petit-déjeuner ! Ce sont deux préparations différentes de la même plante, et rien n’autorise à transposer l’une sur l’autre.
L’inuline de chicorée : la seule allégation de santé autorisée en Europe
L’inuline, c’est la fibre de réserve de la racine, celle qui fait dire à tant d’emballages que la chicorée est « prébiotique » (un mot de fiche produit, que vous trouverez sur à peu près tous les paquets, y compris ceux que j’achète !). En Europe, une marque n’a pas le droit d’attribuer un effet sur la santé à un aliment si cet effet ne figure pas sur la liste des allégations autorisées. Et pour la chicorée, il en existe une, une seule, créée par le règlement (UE) 2015/2314 du 7 décembre 2015. Je vous la recopie telle qu’elle est écrite dans l’annexe :
« L’inuline de chicorée contribue à une fonction intestinale normale en accroissant la fréquence des selles »
Pas très glamour, je vous l’accorde… mais c’est la formulation exacte ! Et elle vient avec des conditions strictes. Le texte précise que le consommateur doit être informé que l’effet bénéfique est obtenu par la consommation journalière de 12 g d’inuline de chicorée, et que l’allégation ne peut être utilisée que pour des denrées qui permettent d’atteindre ces 12 g par jour. Il définit même de quelle inuline on parle : une « inuline naturelle de chicorée », c’est-à-dire un mélange non fractionné de monosaccharides (moins de 10 %), de disaccharides, de fructanes de type inuline et d’inuline extraits de la chicorée, avec un degré de polymérisation moyen supérieur ou égal à 9 (en clair : de l’inuline à longues chaînes, telle qu’on l’extrait de la racine).
Petite histoire dans l’histoire : cette allégation a été obtenue par un fabricant belge d’inuline, BENEO-Orafti, sur la base d’un avis favorable de l’EFSA (l’Autorité européenne de sécurité des aliments) rendu en janvier 2015. Le règlement lui en a réservé l’usage pendant cinq ans. Depuis début 2021, n’importe quel fabricant peut donc l’utiliser… à condition de respecter les conditions ci-dessus !

De la racine à la poudre : les morceaux de racine sont séchés, torréfiés, puis broyés, ou extraits à l’eau chaude pour la version soluble.
Et dans une tasse de chicorée, ça donne quoi ?
C’est LA question que je me suis posée en lisant ce règlement, ma tasse à la main : est-ce que ma chicorée du matin m’apporte ces fameux 12 g ? J’ai fait le calcul, et la réponse est non, très loin de là…
La table Ciqual de l’ANSES (la référence française pour la composition des aliments) donne, pour la chicorée en poudre soluble, 29,2 g de fibres pour 100 g. Une tasse se prépare avec environ 4 g de poudre, ce qui fait un peu plus de 1 g de fibres par tasse. Un brevet industriel consacré à la chicorée soluble (EP 1411780, déposé par la société Finaler) est encore plus sévère : il indique qu’une chicorée soluble torréfiée classique contient en moyenne 18,7 % d’inuline, soit environ 0,75 g par tasse. Selon le chiffre que l’on retient, il faudrait donc boire entre dix et seize tasses par jour pour atteindre les 12 g du règlement. Vous voyez le tableau ?
Et ce n’est pas tout ! Ce même brevet explique que l’inuline représente environ 70 % de la matière sèche de la racine, mais que la torréfaction la dégrade : sous l’effet de la chaleur, les longues chaînes se cassent et libèrent des sucres simples. La table Ciqual le confirme à sa façon, avec 21,7 g de sucres pour 100 g de poudre, dont 15,8 g de fructose (rassurez-vous, ça fait moins de 1 g de sucres par tasse). C’est sans doute ce qui explique ces notes de caramel que l’on retrouve dans toutes les chicorées… et ça veut dire que l’inuline de votre tasse n’est plus tout à fait l’inuline « naturelle » à longues chaînes dont parle le règlement.
Je dois d’ailleurs rendre à Cherico ce qui lui revient : sur son blog, la marque écrit elle-même que le seul effet reconnu par l’EFSA concerne le transit, à partir de 12 g d’inuline par jour sur l’ensemble de l’alimentation, et pas avec une seule tasse. C’est exact, et c’est assez rare pour être souligné ! Ma conclusion est la même que dans mon article sur les alternatives au café : buvez de la chicorée parce que c’est bon, pas parce qu’un emballage vous a promis un microbiote tout neuf. Si ce sont les fibres qui vous intéressent, les légumes, les légumineuses et les céréales complètes feront le travail bien plus sûrement qu’une boisson.
Une boisson chaude sans caféine (quand elle est pure !)
Voilà, pour moi, le bienfait le plus concret de la chicorée, et il ne figure dans aucun règlement : la racine de chicorée ne contient pas de caféine. Une chicorée 100 % chicorée peut donc se boire à 16 h, à 20 h ou à minuit sans que ça change quoi que ce soit à votre nuit, tout en gardant le geste, la tasse chaude et l’amertume d’un café.
Est-ce que j’ai observé un effet particulier en un an ? Non, aucun… à part celui de boire nettement moins de caféine qu’avant, et ça, mon système nerveux le sent ! Je ne suis pas en train de vous dire que le café est un problème (j’en bois toujours, et avec grand plaisir), simplement qu’à titre personnel je me sens plus détendue depuis que mes tasses de l’après-midi ne sont plus des cafés. Et quoi qu’il arrive, j’évite toute caféine après 17 h. Attention tout de même, « chicorée » sur un paquet ne veut pas dire « sans caféine » : j’y reviens dans les précautions, parce que mes préférées en contiennent !
Chicorée soluble, en grains, moulue, en capsules : laquelle choisir ?
La chicorée soluble est de loin la plus répandue : une cuillère (environ 4 g) dans une tasse, 200 à 250 ml d’eau chaude ou de lait, et c’est prêt. C’est celle que j’utilise ! La chicorée moulue ou en grains est de la racine torréfiée simplement concassée : elle se prépare comme un café, dans une cafetière à filtre, à piston ou italienne (mais pas dans une machine à expresso avec broyeur, certaines marques le précisent sur leurs fiches). Elle peut aussi se mélanger à du café moulu. Enfin, on trouve maintenant des capsules compatibles avec certaines machines, pratiques au bureau.
Bio ou pas bio ? La racine est la partie de la plante qui reste en contact avec le sol pendant toute la culture, et il se trouve que les deux marques que j’achète sont bio. Et regardez la liste d’ingrédients, elle doit être très courte : « chicorée », point. Dès qu’elle s’allonge (sucre, arômes, céréales, café, guarana), ce n’est plus tout à fait la même boisson, ce qui ne veut pas dire qu’elle est moins bonne… juste qu’il faut savoir ce que l’on boit.
Reste le goût, et c’est là que tout se joue ! Je vous le dis comme je le pense : je n’aime pas la chicorée Leroux, ni celles que j’ai goûtées en magasin bio. Leur côté caramel est tellement prononcé que je ne finis pas ma tasse. C’est un parti pris de torréfaction, pas un défaut, et je connais des gens qui adorent ça. Si c’est votre seul souvenir de chicorée et qu’il est mauvais, ne vous arrêtez pas là : d’une marque à l’autre, la différence est énorme.

La chicorée en grains se prépare comme un café, en cafetière à filtre, à piston ou italienne. Il existe aussi de la chicorée soluble !
Chicorée : méfaits, contre-indications et précautions
Bonne nouvelle pour commencer : dans sa monographie, l’EMA ne rapporte aucun effet indésirable connu, aucune interaction avec des médicaments et aucun cas de surdosage pour la tisane de racine. La chicorée est une boisson du quotidien depuis des générations, et elle est globalement bien tolérée. Il y a quand même cinq points à connaître.
L’allergie aux Astéracées
C’est la seule contre-indication formelle de l’EMA : l’hypersensibilité à la chicorée ou aux autres plantes de la famille des Astéracées. Si vous vous savez allergique à l’armoise, à l’ambroisie, à la camomille ou à d’autres plantes de cette (immense) famille, soyez prudent·e et parlez-en à votre médecin ou à votre allergologue avant d’en faire votre boisson quotidienne.
Chicorée et grossesse, allaitement, enfants
La monographie de l’EMA ne recommande pas la tisane de racine de chicorée pendant la grossesse et l’allaitement, ni avant 12 ans. La raison donnée est l’absence de données suffisantes, pas l’observation d’un risque : les études n’ont pas été faites, donc l’agence s’abstient. Et je le répète, ce texte porte sur la tisane utilisée comme médicament traditionnel, pas sur la boisson torréfiée.
Pour la chicorée du petit-déjeuner, je n’ai trouvé aucune recommandation officielle, ni dans un sens ni dans l’autre. Ce qui est certain, c’est que la chicorée pure ne contient pas de caféine, et c’est souvent pour cette raison que l’on s’y intéresse quand on attend un enfant (l’EFSA fixe le repère à 200 mg de caféine par jour pendant la grossesse). Méfiez-vous donc des mélanges au café ou au guarana, lisez la liste d’ingrédients, et posez la question à votre sage-femme ou à votre médecin, qui connaît votre situation.
Si votre ventre n’aime pas les fibres
L’inuline est une fibre fermentescible : ce sont les bactéries de l’intestin qui s’en nourrissent, et cette fermentation peut produire des gaz. Une étude américaine de 2010 (Bonnema et ses collègues, 26 adultes en bonne santé) a montré que l’inuline de chicorée était bien tolérée jusqu’à 10 g par jour, les symptômes les plus souvent rapportés étant les flatulences puis les ballonnements. Avec environ 1 g de fibres par tasse, vous en êtes loin… mais si vous avez l’intestin sensible et que vous enchaînez les tasses, vous savez maintenant d’où ça peut venir !
La caféine (et le gluten) qui se cachent dans les mélanges
La racine de chicorée ne contient pas de caféine, mais beaucoup de produits vendus sous le mot « chicorée » sont des mélanges. Ceux au café en contiennent forcément, ceux au guarana aussi (le guarana est une plante naturellement très chargée en caféine). Même chose pour le gluten : la chicorée n’est pas une céréale, mais certaines recettes gourmandes contiennent de l’orge soluble, qui est une céréale à gluten. Si vous êtes concerné·e par l’un ou l’autre, la seule règle qui vaille est de lire la composition sur le paquet, chez toutes les marques, y compris celles que j’achète !
L’acrylamide, comme dans tout ce qui est torréfié
L’acrylamide est une substance qui se forme naturellement quand on cuit ou torréfie à haute température des aliments contenant des sucres et un acide aminé, l’asparagine : les frites, les biscuits, le pain grillé, le café… et la chicorée. Le règlement (UE) 2017/2158 impose aux industriels des mesures pour en réduire la présence, et fixe des teneurs de référence par catégorie : 400 µg/kg pour le café torréfié, 850 µg/kg pour le café soluble, et 4 000 µg/kg pour les succédanés de café obtenus uniquement à partir de chicorée. C’est la valeur la plus haute de toute l’annexe, et le texte consacre un chapitre entier aux mesures à prendre par les fabricants de chicorée (choix de variétés pauvres en asparagine, maîtrise de la torréfaction).
Je préfère vous le dire plutôt que de faire comme si ça n’existait pas, mais il faut lire ces chiffres correctement. Une teneur de référence est un repère de bonnes pratiques pour les industriels, pas une teneur mesurée dans votre pot, ni un seuil de danger. Elle s’exprime par kilo de produit sec, et l’on ne met que 4 g de poudre dans une tasse. Enfin, selon l’ANSES, ce sont les pommes de terre frites ou sautées qui contribuent le plus à notre exposition à l’acrylamide, et le café arrive en second chez les adultes. Ma conclusion très personnelle : pas de quoi renoncer à ma tasse, mais une raison de plus de ne pas en boire dix par jour et de varier les boissons chaudes (ça tombe bien, j’adore les tisanes !).
Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical. En cas de grossesse, d’allaitement, de traitement en cours, d’allergie connue ou de symptômes digestifs qui durent, demandez conseil à un·e professionnel·le de santé.
Comment je bois ma chicorée (et lesquelles j’achète)
J’ai découvert qu’une chicorée pouvait être bonne dans un bar de TGV, un jour où j’allais chercher un café, puis j’en ai commandé lors d’une vente privée sur mon application Choose (je raconte toute l’histoire sur ma page code promo Cherico). Depuis, j’alterne entre deux marques françaises, et ce sont celles que je bois.
Chez Cherico, ma préférée pour le goût est la Chicorée & café bio : 80 % de chicorée, 20 % de café arabica. Si vous n’avez pas de vrai impératif à arrêter le café, c’est pour moi le meilleur compromis, parce que le goût est très proche d’un café tout en réduisant nettement la dose ! La marque annonce « 3x moins de caféine qu’un expresso » : je vous donne sa formulation telle quelle, je n’ai aucun moyen de la mesurer dans ma cuisine. Si vous voulez du 100 % sans caféine, la Chicorée nature bio est déjà très satisfaisante à boire : un peu moins « café », mais très bonne quand même, et j’en bois de temps en temps. J’ai aussi testé leur chaï latte, que je n’aime pas, et leur Mochaccino, que j’aime bien (attention, celui-là contient de l’orge soluble, donc du gluten, et du sucre complet). Comptez 7,50 € le pot de nature, 8,50 € la Chicorée & café et 8,90 € le Mochaccino, pour 20 tasses chacun (prix relevés le 18 septembre 2026). Mon code ONDINE15 vous donne 15 % de réduction sans minimum d’achat, et la livraison est offerte à partir de 38 € en France.
Chez French Mush, j’utilise les deux boissons à base de chicorée : le Chicory Boost et le Cacao Boost, qui associent la chicorée à des champignons adaptogènes. Les deux contiennent du guarana, soit environ 35 mg de caféine par dose d’après leurs fiches, ce qui me va très bien avant 17 h. Comptez 29,90 € les 20 doses (prix relevé le 18 septembre 2026), avec 10 % de réduction grâce à mon code ONDINE. Je détaille toute la gamme dans mon avis sur French Mush, après dix mois et sept produits achetés de ma poche.
Et ma petite recette du moment ? Un mochaccino maison ! Je prépare mon Cherico habituel et j’y ajoute un peu de Cacao Boost : ça donne une boisson chocolatée, amère juste ce qu’il faut, que je me fabrique en trente secondes !
Côté rythme, je tourne à deux ou trois tasses par jour : une le matin, une après le déjeuner, et parfois une dans l’après-midi, en alternance avec une tisane (ou les deux à la suite, selon l’envie !).
Et la chicorée sauvage, celle des bords de chemin ?
Je la croise parfois pendant mes balades botaniques, et elle est superbe : de grandes tiges anguleuses, presque nues, et ces fleurs d’un bleu ciel qui ne s’ouvrent qu’au soleil et se referment la nuit ou par temps couvert. C’est l’ancêtre sauvage des chicorées du potager, et ses jeunes feuilles se mangent, crues en salade ou cuites (on les dit très amères !) ; blanchies à l’abri de la lumière, ce sont elles qui donnent la barbe de capucin.
Je préfère être honnête avec vous : je ne l’ai jamais cueillie ni goûtée, donc je ne vais pas vous écrire un tutoriel de cueillette que je n’ai pas vécu… Si les plantes sauvages comestibles vous intéressent, j’ai rassemblé celles que je connais vraiment dans ma liste des plantes sauvages comestibles par saison. Et la prochaine fois que vous verrez une fleur bleue au bord d’une route en plein mois d’août, vous saurez que c’est la cousine de votre tasse du matin !

Un magnifique pied de chicorée sauvage en fleurs !
Questions fréquentes
Quels sont les bienfaits de la chicorée ?
Deux textes officiels en reconnaissent. L’Agence européenne des médicaments admet l’usage traditionnel de la tisane de racine de chicorée pour soulager les troubles digestifs légers et la perte d’appétit temporaire. Le règlement (UE) 2015/2314 autorise une allégation selon laquelle l’inuline de chicorée contribue à une fonction intestinale normale, à partir de 12 g d’inuline par jour. Une tasse de chicorée soluble n’apporte qu’environ 1 g de fibres, très loin de ce seuil. Son intérêt le plus concret au quotidien est d’offrir une boisson chaude au goût proche du café, sans caféine quand elle est pure.
La chicorée contient-elle de la caféine ?
Non, la racine de chicorée ne contient pas de caféine, et une chicorée 100 % chicorée n’en apporte donc pas. En revanche, beaucoup de produits vendus sous le nom de chicorée sont des mélanges : ceux au café ou au guarana en contiennent. La composition est indiquée sur le paquet, c’est elle qu’il faut lire.
Peut-on boire de la chicorée enceinte ?
La monographie de l’Agence européenne des médicaments ne recommande pas la tisane médicinale de racine de chicorée pendant la grossesse et l’allaitement, faute de données suffisantes, et non parce qu’un risque a été observé. Pour la boisson torréfiée du petit-déjeuner, je n’ai trouvé aucune recommandation officielle. La chicorée pure ne contient pas de caféine, mais les mélanges au café ou au guarana en contiennent. Le plus sûr est d’en parler à votre sage-femme ou à votre médecin.
La chicorée est-elle bonne pour le transit ?
La seule allégation autorisée en Europe dit que l’inuline de chicorée contribue à une fonction intestinale normale en accroissant la fréquence des selles, à condition d’en consommer 12 g par jour. Une tasse de chicorée soluble contient environ 1 g de fibres, il en faudrait donc dix à seize par jour pour atteindre ce seuil. Pour les fibres, les légumes, les légumineuses et les céréales complètes sont bien plus efficaces qu’une boisson.
Combien de tasses de chicorée peut-on boire par jour ?
Il n’existe pas de limite officielle pour la chicorée torréfiée en boisson. La posologie de 2 à 4 g une fois par jour donnée par l’Agence européenne des médicaments concerne uniquement la tisane médicinale de racine séchée. Pour ma part, j’en bois deux à trois tasses par jour, en alternance avec des tisanes, et je ne vois aucune raison d’en boire dix.
La chicorée est-elle bonne pour les cheveux ?
Rien ne permet de le dire. Ni la monographie de l’Agence européenne des médicaments ni l’allégation européenne sur l’inuline ne mentionnent les cheveux, et j’ai interrogé la base de publications scientifiques Europe PMC : zéro article dont le titre associe la chicorée et les cheveux. Si vous l’avez lu quelque part, demandez la source !
La chicorée Leroux a-t-elle les mêmes bienfaits que les autres ?
Oui, toutes les chicorées torréfiées viennent de la même racine et les mêmes textes s’appliquent à toutes les marques. Ce qui change d’une marque à l’autre, c’est la torréfaction, donc le goût, et la liste d’ingrédients quand il s’agit d’un mélange. À titre personnel, je n’aime pas le goût très caramélisé de la chicorée Leroux, mais c’est une affaire de palais.
Quels sont les méfaits de la chicorée ?
L’Agence européenne des médicaments ne rapporte aucun effet indésirable connu pour la tisane de racine. Les précautions à connaître sont l’allergie aux plantes de la famille des Astéracées, la prudence pendant la grossesse, l’allaitement et avant 12 ans pour la tisane médicinale, de possibles ballonnements chez les personnes sensibles aux fibres fermentescibles, la caféine des mélanges au café ou au guarana, et l’acrylamide qui se forme à la torréfaction comme dans le café.
Sources
- Agence européenne des médicaments (EMA), Comité des médicaments à base de plantes, Community herbal monograph on Cichorium intybus L., radix, EMA/HMPC/121816/2010, 15 janvier 2013, monographie en PDF.
- Agence européenne des médicaments (EMA), Chicory root, herbal medicine: summary for the public, EMA/HMPC/286842/2013, résumé en PDF.
- Règlement (UE) 2015/2314 de la Commission du 7 décembre 2015 autorisant une allégation de santé portant sur les denrées alimentaires, Journal officiel de l’Union européenne.
- EFSA, Scientific Opinion on the substantiation of a health claim related to “native chicory inulin” and maintenance of normal defecation by increasing stool frequency, EFSA Journal, 2015, 13(1), 3951, DOI 10.2903/j.efsa.2015.3951.
- EFSA, Scientific Opinion on the safety of caffeine, EFSA Journal, 2015, 13(5), 4102, DOI 10.2903/j.efsa.2015.4102.
- ANSES, table de composition nutritionnelle des aliments Ciqual, aliment « Chicorée, poudre soluble » (code 18152), ciqual.anses.fr, consultée le 18 septembre 2026.
- Brevet européen EP 1411780 B1, Chicorée torréfiée soluble à haute teneur en inuline, Finaler SAS, texte du brevet.
- Bonnema A. L. et coll., Gastrointestinal tolerance of chicory inulin products, Journal of the American Dietetic Association, 2010, 110(6), 865-868, DOI 10.1016/j.jada.2010.03.025.
- Règlement (UE) 2017/2158 de la Commission du 20 novembre 2017 établissant des mesures d’atténuation et des teneurs de référence pour la réduction de la présence d’acrylamide dans les denrées alimentaires, Journal officiel de l’Union européenne, L 304, 21 novembre 2017.
- ANSES, L’acrylamide dans les aliments, page de l’agence.
- Ducerf G., L’encyclopédie des plantes bio-indicatrices, alimentaires et médicinales, volume 1, Éditions Promonature, fiche Cichorium intybus.
- Scioli G. et coll., Metabolic profiling of sugarloaf chicory roots, Molecules, 2026, 31(4), 712, DOI 10.3390/molecules31040712.
- Fiches produits de Cherico (Chicorée nature bio, Chicorée & café bio, Mochaccino chicorée bio) et de French Mush (Chicory Boost, Cacao Boost), consultées le 18 septembre 2026 (prix, compositions et teneurs en caféine relevés à cette date).
Pour finir
Si vous ne deviez retenir que trois choses : les bienfaits reconnus de la chicorée portent sur la tisane de racine et sur l’inuline à 12 g par jour, pas sur une tasse de chicorée torréfiée ; une chicorée pure ne contient pas de caféine, mais les mélanges, si ; et la meilleure raison d’en boire reste… qu’une bonne chicorée, c’est vraiment bon ! Moi qui la détestais, j’en suis à deux ou trois tasses par jour, et mon café est devenu un plaisir choisi plutôt qu’un réflexe.
Et maintenant, à vous ! Vous êtes plutôt chicorée pure, mélange au café, ou souvenir traumatisant du bol de mamie ? Vous avez une marque chouchoute à me faire découvrir, ou une façon de la préparer que je ne connais pas ? Racontez-moi tout en commentaire, je lis tout et je réponds !