Dernière mise à jour le 18 août 2026
Vous avez tapé « formation herboristerie CPF » dans Google, vous êtes tombé sur une dizaine de pages qui promettent des formations en plantes médicinales finançables par votre compte personnel de formation, et vous vous demandez si c’est trop beau pour être vrai. La réponse courte, c’est oui, en grande partie. Et la réponse longue est bien plus intéressante que ça !
Je me forme aux plantes depuis 2019. Formation en ligne, école d’herboristerie parisienne, diplôme universitaire de botanique de terrain, et des dizaines de balades botaniques suivies en tant que simple participante, puis animées en tant que guide nature après m’être suffisamment formée. J’ai payé, j’ai fait payer, j’ai monté des dossiers de financement. Alors autant vous le dire tout de suite : la question du CPF est presque toujours la mauvaise question, et je vais vous expliquer pourquoi.
Transparence, avant de commencer : cet article contient des liens d’affiliation vers Le Chemin de la Nature. Si vous passez par eux, je touche une commission, sans aucun surcoût pour vous. J’ai reçu l’accès à leur Formation du Cueilleur gratuitement en 2019, en échange d’un article, et mon avis n’en reste pas moins entièrement libre. En revanche, ma formation à l’École des Plantes de Paris et mon diplôme universitaire de botanique de terrain n’ont aucun lien commercial avec ce blog. Je les ai payées de ma poche avant d’en obtenir le remboursement par mon fonds d’assurance formation, et je les cite parce qu’elles m’ont formée et que mon expérience détaillée vous intéressera probablement !
La réponse en trente secondes
Si vous êtes pressé·e, voilà l’essentiel :
- Les formations d’herboristerie en ligne ne sont pas éligibles au CPF. Aucune. Ce n’est pas une question de qualité, c’est une question de registre administratif.
- Une seule certification approchante est inscrite au Répertoire national des certifications professionnelles : le titre Paysan-herboriste. Attention au malentendu, c’est le métier de paysan herboriste qui y figure, pas celui d’herboriste d’officine, ni celui de cueilleur. C’est une formation agricole d’un an, en présentiel, avec un long stage, et elle prépare à s’installer en tant qu’agriculteur·ice.
- Le vrai réflexe utile n’est donc pas de regarder son compteur CPF, c’est d’appeler son OPCO ou son fonds d’assurance formation (aussi nommé FAF, hé oui) et de déposer une demande. Ils ont chacun leurs règles, et c’est là que se trouvent les budgets. Moi, je dépends de l’AGEFICE.
- Si vous voulez apprendre les plantes pour vous, le CPF n’est tout simplement pas votre dispositif, et probablement encore moins les autres solutions via OPCO et FAF, qui sont à visée professionnelle. Et ce n’est pas grave, il existe des solutions ! On va voir tout ça dans l’article !
Pourquoi le CPF ne finance presque aucune formation d’herboristerie
Le compte personnel de formation n’est pas une cagnotte que vous dépensez comme vous voulez. L’article L6323-6 du code du travail dresse une liste fermée de ce qu’il peut payer : les formations menant à une certification enregistrée au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), celles menant à une certification du Répertoire spécifique, la validation des acquis de l’expérience, le bilan de compétences et quelques permis de conduire.
C’est tout. En dehors de ces cases, une formation peut être excellente, animée par les meilleurs botanistes de France, durer trois ans et vous transformer complètement : le CPF ne la voit pas, elle n’existe tout simplement pas pour lui. Or, l’herboristerie en tant que telle n’a pas de métier reconnu en France (j’y reviens plus bas, c’est une longue histoire qui commence en 1941). Sans métier reconnu, pas de fiche au RNCP. Sans fiche au RNCP, pas de CPF. Logique et implacable !
Le Chemin de la Nature l’écrit d’ailleurs noir sur blanc dans sa foire aux questions : « Nos formations ne sont actuellement pas éligibles au CPF (Compte Personnel de Formation) ni au PTP (Projet de Transition Professionnelle) ». Ils précisent même qu’elles ne peuvent pas non plus être financées par France Travail. J’apprécie l’honnêteté, elle est plus rare que vous ne croyez sur ce marché.
Nouveauté 2026 à connaître : la loi de finances pour 2026, validée par le Conseil constitutionnel le 19 février 2026, prévoit des plafonds de mobilisation des droits CPF, dont 1 500 € pour les certifications du Répertoire spécifique et 1 600 € pour un bilan de compétences. Même dans les cas où le CPF fonctionne, il finance donc de moins en moins largement.
Qualiopi n’est pas le CPF, et c’est là que tout le monde se trompe
C’est la confusion numéro un, et elle est entretenue par à peu près tout le monde. Vous voyez le logo Qualiopi sur le site d’une école de plantes, vous en déduisez que votre CPF va marcher. Eh bien non !
Qualiopi est une certification qualité de l’organisme de formation, pas une reconnaissance du contenu enseigné. Elle atteste que la structure est sérieuse dans sa façon de former, pas que ce qu’elle enseigne mène à un titre reconnu. Le Chemin de la Nature, encore une fois, le dit très bien sur son propre site : « QUALIOPI ne signifie pas éligibilité au CPF ! Il ne faut pas confondre la certification Qualiopi avec une éligibilité au CPF ».
Ce que Qualiopi ouvre, en revanche, c’est une autre porte. Le Chemin de la Nature indique sur son site que cette certification permet une prise en charge par l’employeur, les fonds d’assurance formation ou les opérateurs de compétences. C’est vrai dans le principe, et c’est souvent bien plus intéressant que le CPF.
Mais posez-vous la bonne question avant d’espérer : les financeurs paritaires suivent beaucoup plus facilement le présentiel que le distanciel. À l’AGEFICE, dont je relève, la grille publique prévoit bien un tarif pour le distanciel asynchrone, mais dans les faits le dossier se complique : formation synchrone attendue, justificatifs à fournir, relevés de connexion. Et il est probable que d’autres OPCO et fonds d’assurance formation appliquent des règles voisines. Une formation en ligne que vous suivez à votre rythme, quand vous voulez, entre donc difficilement dans ces cases.

Mon premier stage de botanique de terrain sur le Mont Lozère, auprès du CEN Occitanie (conventionné dans le cadre de mon DU de botanique à la fac d’Amiens) !
La seule certification herboriste inscrite au RNCP : le titre Paysan-herboriste
Voilà l’information que je n’ai vue nulle part décrite correctement, et pourtant elle est publique et vérifiable facilement.
Le titre Paysan-herboriste est enregistré au Répertoire national des certifications professionnelles sous le numéro RNCP37980, au niveau 5, par décision du 20 septembre 2023. Le certificateur est la Fédération des paysan·nes herboristes. Cinq blocs de compétences : cueillir, cultiver, transformer, commercialiser en circuit court, et conduire son projet.
Autrement dit, ce n’est pas un diplôme d’herboriste au sens où vous l’imaginez peut-être, avec un comptoir et des bocaux. C’est un titre agricole, qui forme des paysans produisant et transformant leurs plantes.
Deux centres le préparent :
- le CFPPA de Nyons, dans la Drôme : 1 631 heures sur un an, dont 623 heures de stage, avec une promotion qui démarre le 18 septembre 2026. Le coût annoncé va de 12 à 15 € de l’heure selon le financement, et le centre cite explicitement « Transition Pro / CPF » parmi les prises en charge possibles, en prévenant d’un délai de traitement d’environ quatre mois ;
- le CFPPA de Montmorot, dans le Jura : 1 554 heures sur un an, dont 17 semaines de stage, avec le compte personnel de formation listé parmi les financements. Attention, au 18 août 2026, leur page annonce que la session 2026 est annulée.
Il y a un prérequis à connaître : il faut être titulaire d’un diplôme de niveau 4, c’est-à-dire le baccalauréat, avec des dérogations possibles. Montmorot demande en plus trois mois d’expérience agricole.
Et maintenant, le malentendu à dissiper : ce qui est répertorié, c’est le métier de paysan herboriste. Pas le métier d’herboriste tout court, celui de l’herboriste d’officine derrière son comptoir. Pas non plus celui de cueilleur. Autrement dit : si vous n’avez pas de projet d’installation agricole, ne misez pas là-dessus. Cette porte existe, mais elle ne s’ouvre peut-être pas sur la pièce où vous voulez aller !
Chiffre périssable, à vérifier : l’enregistrement de la fiche RNCP37980 arrive à échéance le 20 septembre 2026. Si elle est renouvelée, tout ce que je viens d’écrire reste vrai. Si elle ne l’est pas, la France n’aura plus aucune certification herboriste inscrite au RNCP. Je mettrai cet article à jour, mais si vous le lisez après cette date, allez vérifier vous-même sur France compétences avant de monter un dossier.
Vous voulez apprendre pour vous ? Alors il faut prendre un autre chemin !
Et c’est là que je veux vraiment en venir, parce que c’est le cas de neuf personnes sur dix qui m’écrivent.
Il y a deux projets radicalement différents derrière la même recherche :
- Vivre de la cueillette ou des plantes médicinales. Là, vous êtes dans une logique d’installation professionnelle, souvent agricole. Le titre Paysan-herboriste, un BPREA en plantes à parfum, aromatiques et médicinales, un accompagnement à l’installation. C’est un projet de vie, et ce n’est pas celui sur lequel je serai capable de vous renseigner car je n’ai pas suivi cette voie. De mon côté j’ai suivi la voie de professionnalisation en tant que vendeuse en herboristerie avec l’École des Plantes de Paris, qui forme à l’herboristerie « pure » sans l’aspect agricole, et la voie botanique de terrain qui ouvre aux métiers d’écologue botaniste, et je compte continuer de me former sur les deux plans pour enseigner la reconnaissance et les usages des plantes sauvages comestibles et médicinales.
- Savoir reconnaître les plantes, les cueillir correctement, les préparer, comprendre ce que vous ramassez, dans un but de développement personnel. Pour vous, votre famille, votre plaisir, votre curiosité. C’est mon cas au tout début, c’était mon point de départ, et c’est tout l’objet de mon guide des plantes sauvages médicinales. J’ai commencé avec Le Chemin de la Nature en 2019, comme plein de monde, puis je me suis juste un peu trop prise de passion pour le sujet, et j’ai fini par suivre des formations à visée professionnelle. Et me voici en 2026 à animer des balades botaniques sur les plantes sauvages comestibles et médicinales !
Si vous êtes dans la deuxième catégorie, cherchez-vous encore un financement CPF ? Vous avez compris, en lisant cet article, que ce n’était pas la voie à suivre pour vous. Ce que vous devez chercher, c’est une formation de qualité à un prix que vous acceptez de payer. Le CPF n’a jamais été conçu pour ça : c’est un outil de politique de l’emploi, pas un budget loisirs et culture.
Les quatre formations que j’ai suivies, et ce que j’en pense vraiment
Je ne vais pas vous faire un annuaire, je vous parle de ce que j’ai fait moi, avec mes vrais parcours, mes vrais financements, et une que je ne recommande pas particulièrement.
1. La Formation du Cueilleur, pour démarrer sérieusement chez soi
C’est la porte d’entrée que je conseille systématiquement. Formation 100 % en ligne du Chemin de la Nature, plus de 130 plantes sauvages étudiées, environ 200 heures de cours, accès à vie aux contenus et forums accessibles deux ans. Tarif relevé le 18 août 2026 : 1 390 €, avec un paiement possible en 1, 3, 4 ou 12 fois sans frais.
Ce qu’elle délivre : un certificat de suivi. Ce n’est pas un diplôme, et l’école ne prétend pas le contraire.
Soyons clairs sur son financement : pour celle-là, prévoyez de payer vous-même. Je n’ai jamais eu connaissance de quelqu’un qui ait obtenu un financement pour cette formation, et l’explication est simple, c’est du 100 % en ligne, à votre rythme. C’est précisément son intérêt pédagogique, et précisément ce qui bloque côté financeurs. Alors ne perdez pas trois mois à monter un dossier : regardez plutôt du côté de la remise et de l’échelonnement, juste en dessous.
Ce qu’elle vaut vraiment, à mon avis : c’est une excellente entrée en matière, et elle peut se suffire à elle-même si vous la faites sérieusement et que vous l’accompagnez de sorties sur le terrain. J’insiste sur cette deuxième condition, elle n’est pas négociable ! Il FAUT assister à des balades terrain : avec moi, avec Le Chemin de la Nature qui en propose plein, ou avec l’un ou l’une des innombrables guides nature de France et de Navarre. Cherchez-les et assistez à leurs sessions, et cela régulièrement et en toutes saisons ! J’ai détaillé tout ça, chapitre par chapitre, dans mon avis complet sur la Formation du Cueilleur.
Bon à savoir sur le prix. Le Chemin de la Nature affiche une remise de 50 % à l’année pour les moins de 25 ans, les demandeurs d’emploi et les bénéficiaires des minima sociaux, sur justificatif (relevé le 18 août 2026). Et mon code ONDINE donne 5 % sur toutes leurs formations, cumulables avec le paiement en plusieurs fois. Le détail est sur ma page dédiée au code promo.
Voir la Formation du Cueilleur2. L’École des Plantes de Paris, pour aller au fond du sujet
C’est là que j’ai suivi le cursus Plantes et Santé, sur deux cycles (on peut aller jusqu’à trois), en présentiel. Et c’est une tout autre démarche, un niveau d’engagement bien plus élevé !
Pour vous donner une idée du niveau d’exigence : plusieurs semaines de 40 h de cours, deux semaines par an de stage terrain, plusieurs sorties à la journée ou à la demi-journée dans l’année, en toutes saisons. L’examen de botanique de deuxième année consiste en une dissertation sur une famille de plantes, tirée parmi trois, elles-mêmes issues d’une liste de trente-cinq familles possibles. Trente-cinq familles à maîtriser pour en traiter une. Je l’ai validé avec les brassicacées (et j’en garde un souvenir très net !). Ce n’est que l’un des examens à passer, il y en a plein d’autres : reconnaissance de plantes fraîches et sèches, composition d’une tisane médicinale pour répondre à un cas précis, anatomie et physiologie humaines avec tous les systèmes à connaître, biologie végétale, sans compter un herbier à rendre et un mémoire. Bref, ça vous donne une idée de la quantité de travail à fournir !
L’école délivre sa propre qualification d’herboriste à l’issue du cycle 2. Elle précise elle-même que ce n’est pas un diplôme reconnu par l’État, ce qui est cohérent avec tout ce que je viens d’expliquer. Les tarifs figurent dans des documents à télécharger, et leur grille distingue un tarif individuel d’un tarif « prise en charge » (qui est toujours plus cher, pour toutes les formations, partout !).
Comment je l’ai financée : par l’AGEFICE. C’est le fonds d’assurance formation dont je relève en tant que travailleuse non salariée. Pas le CPF, pas France Travail, pas un employeur. Un FAF donc (oui, ce n’est pas moi qui choisis les acronymes !). Et dans ma promotion, personne n’a utilisé son CPF. Deux pharmaciennes ont été financées par leur employeur. Une journaliste a obtenu un financement couvrant directement ses deux années, d’un coup. Une autre est passée par le dispositif dont relèvent les porteurs de projet agricole, pour une installation en plantes à parfum, aromatiques et médicinales. Cinq personnes, quatre circuits différents, et pas un seul compte personnel de formation. Voilà la réalité du terrain, et c’est exactement l’inverse de ce que raconte la première page de Google !

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Comment ça se passe vraiment avec un fonds d’assurance formation
Là, je vais entrer dans le détail, parce que c’est ce que personne ne vous explique et que ça change tout dans l’organisation de votre budget.
Dans mon cas, j’ai dû déposer un dossier pour chaque année, séparément. La formation m’a été facturée 3 000 € à chaque fois, ce qui n’est pas un hasard : c’est exactement le plafond annuel de l’AGEFICE. L’école sait faire, c’est une pratique courante dans le monde de la formation.
Le point qui surprend tout le monde : c’est vous qui avancez les frais. J’ai payé de façon échelonnée au fil de l’année, et l’AGEFICE ne rembourse qu’en fin d’année, une fois la preuve faite que vous avez suivi la formation assidûment. Concrètement, ce sont les fiches de présence signées qui déclenchent le remboursement, et possiblement tout autre document demandé. Ne montez donc pas votre plan de financement en imaginant que l’argent arrive avant la formation, c’est l’inverse.
La bonne surprise, en revanche : le FAF rembourse davantage que ce que vous avez avancé, parce qu’il s’y ajoute des indemnités. De mémoire, dans mon cas précis, cela représentait environ 800 € par année de formation : c’est une indemnisation de la perte de gain pendant les heures passées en formation, et les grilles publiques de l’AGEFICE la chiffrent à 8 € de l’heure, modulée selon votre cotisation.
Autrement dit, pour un indépendant, un FAF est souvent bien plus intéressant qu’un CPF ! Encore faut-il pouvoir avancer la trésorerie, et ça n’a pas été facile de mon côté d’avancer une telle somme !
3. Le DU Botanique de terrain, pour la botanique pure
Le diplôme universitaire de botanique de terrain de l’université de Picardie Jules Verne est un objet un peu à part, et je le recommande chaudement à qui veut vraiment progresser en reconnaissance des végétaux et en compréhension des liens entre les végétaux et leur environnement.
202 heures, quatre modules, des stages communs dans le Jura et en Auvergne, un projet personnel qui se conclut par une soutenance de mémoire et la remise de plusieurs travaux personnels (là encore des herbiers, mais aussi des fiches espèces, une fiche milieu, la rédaction d’une clé de détermination). Il est ouvert aux professionnels comme aux amateurs passionnés, et accessible dès le niveau V.
Côté tarif, l’université pratique deux grilles, et c’est très fréquent en formation continue : 800 € si vous payez vous-même, 1 600 € si un organisme finance, plus les droits d’inscription universitaires. Le tarif « organisme » figure sur leur page de catalogue, relevé le 18 août 2026. Là encore, une indemnité s’ajoute au remboursement.
À savoir : les professeurs de cette formation sont bénévoles et membres de la Société botanique de France, qui co-finance la formation. Pourtant, ce sont des professionnels, et même pour plusieurs d’entre eux des enseignants-chercheurs en écologie, rattachés à l’UFR de pharmacie de l’université d’Amiens. Bref, tout ça pour dire que 800 €, incluant les cours et deux semaines de stage de terrain, c’est un tarif extrêmement raisonnable, du fait même de sa structuration financière faite pour rendre ce DU le plus accessible possible !
Même logique d’avance de frais que pour l’École des Plantes, avec une nuance appréciable : la fac s’est montrée beaucoup plus souple et ne m’a pas obligée à avancer au fil de l’année. J’ai pu régler en fin d’année, juste avant de déposer ma demande de remboursement. Il faut en effet prouver que la formation a bien été payée pour se la faire rembourser.
Ce n’est pas de l’herboristerie, c’est de la botanique dure : reconnaissance des végétaux et lien avec leur milieu, connaissance poussée des familles botaniques y compris des plus complexes comme les Poaceae, les Juncaceae et les Cyperaceae, qui ont eu droit à leur semaine de stage quasi dédiée ! Et pourtant, alors que l’École des Plantes m’avait déjà trèèèès largement formée sur ce sujet, ce DU m’a donné un vrai coup d’accélérateur. Je recommande cette formation aux gens qui veulent vraiment avoir une compréhension des plantes dans leur milieu, une compréhension des écosystèmes, et qui souhaitent développer leur reconnaissance des végétaux sur le terrain (ou « détermination », comme on dit dans le jargon !).
4. L’École des Plantes de Bailleul, celle que je ne recommande pas (sauf si vous vivez pas loin)
Chronologiquement, c’est ma première formation en présentiel. J’ai commencé les cours de l’École des Plantes de Bailleul en septembre 2019, et je ne suis jamais allée au bout de ma première année. L’arrêt lié à la pandémie a tranché la question à ma place, mais pour être honnête j’avais déjà décroché.
Je l’avais choisie contre l’École des Plantes de Paris pour une raison très terre à terre : elle était BEAUCOUP moins chère, même en comptant les allers-retours jusqu’à Lille et un hébergement entre couchsurfing et auberges de jeunesse. J’ai fini par faire Paris quand même, quatre ans plus tard. Ça vous donne une idée de ce que j’en ai pensé !
Ce qui m’a fait fuir, à l’époque : un enseignement très vieillot, en grand amphithéâtre, avec un professeur qui lisait son cours. Des cours de chimie et de pharmacognosie d’un niveau très poussé dès le début, et avec zéro pédagogie, assez démoralisant pour une personne plutôt débutante comme moi. Très peu de travaux pratiques, et dans une énorme salle à quarante personnes. L’angoisse. Et le détail qui m’a le plus sidérée : nous étions installés au milieu d’un jardin botanique, et nous n’y avons jamais fait un seul cours. Pas un. Apprendre les plantes en regardant des diapositives, ou en se faisant circuler une plante à moitié fanée entre quarante personnes, qu’on ne peut voir que cinq secondes, le tout à trente mètres d’un jardin botanique. Il fallait le faire.
Attention, je vous parle de 2019 et 2020, et je n’y suis pas retournée depuis. L’école existe toujours et ses inscriptions pour le cycle 2026-2027 sont ouvertes. En regardant leur programme actuel, il a d’ailleurs visiblement évolué : ils annoncent aujourd’hui deux ans, neuf cours mensuels, trois journées d’atelier (je crois que c’était déjà le cas à l’époque, c’était mes journées préférées, mais nous étions trop nombreux dans la salle), des quiz corrigés et des commentaires botaniques en direct dans le jardin de plantes médicinales. Ce dernier point, c’est exactement ce qui manquait de mon temps ! Mais je ne sais pas comment sont ces balades commentées, ni s’il y en a suffisamment. Honnêtement, je me méfie un peu !
Les tarifs annoncés pour 2026-2027 vont de 480 € pour les étudiants à 975 € par an au tarif standard, ce qui reste, comme à l’époque, nettement moins cher que Paris. Donc même si j’ai été échaudée pour ma part, si vous êtes dans le coin je pense que ça peut valoir le coup de tenter, mais uniquement si vous êtes proche et que vous avez potentiellement une année à perdre, si vous décidez finalement comme moi de faire l’École des Plantes de Paris. Il en existe aussi une très réputée à Lyon, l’École lyonnaise de plantes médicinales. Celle de Bailleul ne jouit pas de la même réputation, et ce n’est pas pour rien, évidemment.
Alors je ne dis pas « n’y allez pas ». Je dis : voilà ce que j’ai vécu il y a sept ans, ça a peut-être changé, allez à leur journée portes ouvertes et jugez sur place. Et c’est valable pour n’importe quelle école : demandez toujours combien d’heures se passent réellement dehors, les pieds dans l’herbe, car vraiment ça change tout !
Comment financer une formation d’herboristerie sans le CPF
Passons à la partie utile. Voici les circuits qui marchent vraiment, selon votre statut.
| Votre situation | Le dispositif à viser | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|---|
| Salarié | Plan de développement des compétences de l’employeur, ou OPCO | C’est la voie la plus simple si votre formation a un lien, même indirect, avec votre poste. Demandez un devis à l’organisme, il sait faire. |
| Indépendant, commerçant, dirigeant non salarié | Votre fonds d’assurance formation, l’AGEFICE pour le commerce, l’industrie et les services | C’est mon cas. Plafonds 2026 : 3 000 € par an, portés à 5 000 € pour une formation menant à un diplôme national ou à un titre RNCP, et 600 € pour les faibles cotisants. Prise en charge pédagogique plafonnée à 42 € de l’heure en présentiel, plus une indemnité de perte de gain de 8 € de l’heure. Attention, vous avancez les frais et vous êtes remboursé en fin d’année. |
| Profession libérale | FIF PL ou le FAF de votre branche | Même logique que l’AGEFICE, avec ses propres plafonds annuels. Vérifiez votre code NAF avant de déposer. |
| Porteur de projet agricole | Les dispositifs dédiés à l’installation et à la formation agricole | Une camarade de ma promotion a financé sa formation ainsi, pour un projet en plantes à parfum, aromatiques et médicinales. Passez par la chambre d’agriculture de votre département. |
| Aucun des cas ci-dessus | Autofinancement échelonné et tarifs réduits | Paiement en 3, 4 ou 12 fois sans frais, remises pour les moins de 25 ans, les demandeurs d’emploi et les bénéficiaires de minima sociaux. Ce n’est pas glorieux, mais c’est ce qui débloque le plus de situations. |
Une précaution importante, et j’y tiens. Tout ce que je raconte de mon parcours de financement, c’est mon expérience, avec mon fonds d’assurance formation, l’AGEFICE, et avec mon statut à moi. Ce n’est pas une règle générale ! Il existe des dizaines d’OPCO et de fonds d’assurance formation en France, et chacun a ses propres règles, ses propres plafonds, ses propres critères d’acceptation et ses propres délais. Ce qui a marché pour moi ne préjuge de rien pour vous. La seule chose que je peux vous dire avec certitude, c’est qu’il faut appeler le vôtre et déposer une demande. Le pire qui puisse arriver, c’est un refus, et il ne vous coûtera que le temps d’avoir constitué un dossier.
Le réflexe à prendre, quel que soit votre cas : demandez un devis à l’organisme de formation avant toute chose, et demandez-lui s’il est certifié Qualiopi. Sans Qualiopi, aucun financeur public ou paritaire ne suivra. Avec Qualiopi, vous avez une porte d’entrée, même sans CPF. Et demandez aussi si la formation est en présentiel ou en distanciel synchrone, parce que ça peut être un critère déterminant !
Sur le CPF, une observation de terrain plutôt qu’une théorie : depuis 2019, je n’ai eu connaissance d’aucune personne ayant réussi à financer par le CPF l’une des formations dont je parle ici. Aucune ! J’ai un léger doute sur le DU de botanique de terrain, qui est un diplôme universitaire et pourrait relever d’un régime différent. Mais il me semble que personne dans ma promotion n’a fait financer cela par le CPF. Si ce point est décisif pour vous, posez directement la question au service de formation continue de l’université, c’est eux qui détiennent la réponse !
Et le diplôme d’herboriste, il revient un jour ?
Petit détour historique, parce qu’il explique tout le reste.
Le certificat d’herboriste a été supprimé par le décret-loi du 11 septembre 1941, sous le régime de Vichy, au terme de décennies de pression du secteur pharmaceutique. Les herboristes déjà certifiés ont été autorisés à exercer leur vie durant, mais plus personne n’a pu s’inscrire pour obtenir le certificat après cette date. Marie Roubieu, présentée comme la dernière herboriste diplômée de France, s’est éteinte à 97 ans en 2018, selon la revue Plantes et Santé. Et avec elle, le titre.
Depuis, ça bouge, lentement. Le Sénat a publié le 25 septembre 2018 un rapport intitulé « Les plantes médicinales et l’herboristerie, à la croisée de savoirs ancestraux et d’enjeux d’avenir », porté par le sénateur Joël Labbé, avec 39 propositions. Sur la reconnaissance du métier, le rapport ne tranche pas : il propose que « la concertation se poursuive avec l’ensemble des parties prenantes pour envisager les conditions d’une reconnaissance éventuelle de métiers d’herboristes et les contours des formations adaptées ».
Huit ans plus tard, aucune loi n’est venue. Le titre Paysan-herboriste, enregistré en 2023, reste à ce jour la seule brèche officielle. C’est peu, mais ce n’est pas rien.
Faut-il un diplôme pour cueillir, et pour vendre sa cueillette ?
Non, et c’est souvent une surprise. Selon le guide de l’Association française des professionnels de la cueillette, il n’existe aujourd’hui aucun diplôme ni aucune formation reconnue spécifique au métier de cueilleur.
Ce qui vous sera demandé pour vendre, ce n’est pas un diplôme, c’est un cadre : une immatriculation et donc un numéro SIRET, une affiliation sociale, l’autorisation du propriétaire du terrain, et le respect des règles de protection des espèces et des espaces. J’ai consacré un article entier à ce sujet, et il est nettement plus épineux qu’il n’en a l’air : la réglementation de la cueillette des plantes sauvages. Pour la pratique de terrain, c’est plutôt mon guide de la cueillette sauvage qu’il vous faut.
Autrement dit, personne ne vous demandera votre certificat. Mais votre responsabilité, elle, est bien réelle, et c’est exactement pour ça qu’une bonne formation vaut son prix.
Le complément que rien ne remplace : le terrain
Je termine par le conseil que je donne le plus souvent, et qui ne coûte presque rien : aucune formation, en ligne ou en présentiel, ne remplace la plante vue, touchée, sentie, retrouvée trois semaines plus tard au même endroit et méconnaissable parce qu’elle est montée en fleur. Depuis 2019, j’ai suivi des dizaines et des dizaines de balades botaniques en tant que participante. C’est un complément indispensable à l’apprentissage ! Alors sortez. Avec une association naturaliste, un botaniste local, un cueilleur professionnel, ou avec moi si vous êtes en région parisienne, lors d’une balade botanique. Peu importe le guide, ce qui compte c’est la répétition. Et entre ces temps de balade guidée, sortez seul, avec Pl@ntNet ou iNaturalist, ou encore mieux : votre flore papier !
Questions fréquentes
La Formation du Cueilleur du Chemin de la Nature est-elle éligible au CPF ?
Non. Le Chemin de la Nature indique dans sa foire aux questions que ses formations ne sont actuellement éligibles ni au CPF ni au projet de transition professionnelle, et qu’elles ne peuvent pas non plus être financées par France Travail. En pratique, prévoyez de la financer vous-même : c’est une formation entièrement en ligne, suivie à votre rythme, et les financeurs paritaires suivent beaucoup plus facilement le présentiel. Elle reste payable en 1, 3, 4 ou 12 fois sans frais, avec des tarifs réduits selon votre situation.
Existe-t-il une formation d’herboristerie reconnue par l’État ?
Une seule certification herboriste figure au Répertoire national des certifications professionnelles : le titre Paysan-herboriste, enregistré sous le numéro RNCP37980 au niveau 5, avec une échéance fixée au 20 septembre 2026. C’est une formation agricole d’un an en présentiel, préparée au CFPPA de Nyons et au CFPPA de Montmorot, qui demande un diplôme de niveau 4 en prérequis.
Le diplôme d’herboriste existe-t-il encore en France ?
Non. Le certificat d’herboriste a été supprimé par le décret-loi du 11 septembre 1941, les herboristes déjà certifiés étant autorisés à exercer leur vie durant. Le Sénat a publié un rapport sur le sujet le 25 septembre 2018, sans trancher la question d’une reconnaissance du métier, et aucune loi n’est venue depuis.
Comment financer une formation d’herboristerie sans passer par le CPF ?
Tout dépend de votre statut. Un salarié passe par le plan de développement des compétences de son employeur ou par son OPCO. Un travailleur indépendant passe par son fonds d’assurance formation, l’AGEFICE pour le commerce, l’industrie et les services, avec des plafonds 2026 de 3 000 € par an, portés à 5 000 € pour une formation menant à un diplôme national ou à un titre RNCP. Une profession libérale passe par le FIF PL. Il existe des dizaines d’OPCO et de fonds d’assurance formation, chacun avec ses propres règles et ses propres plafonds : la seule façon de savoir est de contacter le vôtre et de déposer une demande. Dans tous les cas, il faut généralement avancer les frais et attendre le remboursement, et les financeurs acceptent plus facilement le présentiel que le distanciel. À défaut de financeur, il reste le paiement échelonné et les tarifs réduits pour les moins de 25 ans, les demandeurs d’emploi et les bénéficiaires de minima sociaux.
Faut-il un diplôme pour cueillir des plantes sauvages et les vendre ?
Selon le guide de l’Association française des professionnels de la cueillette, il n’existe aujourd’hui aucun diplôme ni aucune formation reconnue spécifique au métier de cueilleur. Ce qui est exigé pour vendre relève du cadre administratif et non du diplôme : une immatriculation et donc un numéro SIRET, une affiliation sociale, l’autorisation du propriétaire du terrain, et le respect des règles de protection des espèces et des espaces.
Le titre Paysan-herboriste correspond-il au métier d’herboriste ?
Non, et c’est une confusion fréquente. Ce qui est inscrit au Répertoire national des certifications professionnelles, c’est le métier de paysan herboriste, c’est-à-dire une activité agricole de production, de transformation et de vente en circuit court. Ni le métier d’herboriste d’officine, ni celui de cueilleur n’y figurent. Si vous n’avez pas de projet d’installation agricole, ce titre n’est pas la voie à viser.
Faut-il avancer les frais quand un fonds d’assurance formation finance la formation ?
Oui, dans la plupart des cas. L’AGEFICE ne rembourse qu’en fin d’année, une fois la preuve faite que la formation a été suivie assidûment, fiches de présence signées à l’appui, et une fois la preuve faite qu’elle a bien été réglée. Il faut donc prévoir la trésorerie correspondante. En contrepartie, le remboursement dépasse souvent la somme avancée, car une indemnité de perte de gain s’y ajoute, chiffrée à 8 € de l’heure dans les grilles publiques de l’AGEFICE.
La certification Qualiopi veut-elle dire que la formation est éligible au CPF ?
Non. Qualiopi est une certification qualité de l’organisme de formation, pas une reconnaissance du contenu enseigné. Elle ouvre la prise en charge par un employeur, un OPCO ou un fonds d’assurance formation, mais elle ne rend pas une formation éligible au compte personnel de formation.
Pour finir
Si vous retenez une seule chose : si vous avez un réel projet professionnel, arrêtez de chercher une formation d’herboristerie éligible au CPF, et cherchez plutôt le bon financeur pour votre statut. C’est moins évident au premier abord, mais c’est là que se trouvent les vrais budgets, et souvent bien plus que ce que votre compteur CPF affiche. Pour un usage personnel de ces compétences, l’autofinancement (ou se faire offrir la formation pour Noël ou un anniversaire, par exemple !) sera la meilleure, et à vrai dire l’unique, piste à suivre !
Et vous, où en êtes-vous de votre projet ? Vous voulez vous installer, ou apprendre pour vous ? Vous avez déjà tenté un dossier de financement, réussi ou refusé ? Racontez-moi en commentaire, je réponds à tout le monde, et vos retours enrichissent cet article pour les suivants !